Qui se cache derrière le nom Cognacq-Jaÿ ? Pour ce premier épisode d’Entre Deux Échos, découvrez l’histoire de Marie-Louise Jaÿ !
Née dans un petit village de Haute-Savoie, cette Savoyarde au destin exceptionnel a quitté les alpages de Samoëns pour participer à la création de l’un des plus célèbres magasins de Paris : la Samaritaine !
Entre Deux Échos : Le podcast qui vous emmène à la découverte de celles et ceux qui ont marqué la Haute-Savoie !
De Samoëns à Paris, le début d’une nouvelle vie
L’histoire de Marie-Louise Jaÿ ressemble presque à un conte ! Née en 1838 à Samoëns dans une famille modeste de huit enfants, elle passe son enfance entre les montagnes et les alpages. À l’époque, la vie est rude et le travail commence très tôt. Gardienne de chèvres, la jeune Savoyarde rêve d’autre chose…
À seulement seize ans, elle quitte sa vallée pour rejoindre Paris ! Un départ courageux pour l’époque. Dans la capitale, elle trouve un emploi au Bon Marché, l’un des premiers grands magasins français. Travailleuse, observatrice et déterminée, elle se fait rapidement remarquer.
C’est là qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari et son partenaire : Ernest Cognac ! Ensemble, ils vont écrire l’une des plus belles réussites commerciales françaises !
La Samaritaine, l’œuvre de toute une vie

En 1870, ils fondent ensemble La Samaritaine !
À partir de ce moment-là, Marie-Louise et Ernest consacrent toute leur énergie à leur magasin. Ils travaillent parfois jusqu’à quatorze heures par jour !
Leur ambition est simple : proposer un commerce moderne et accessible à tous.
Le succès est fulgurant ! Au fil des années, la petite boutique des débuts devient un véritable empire. La Samaritaine ne cesse de s’agrandir jusqu’à posséder quatre immeubles, d’immenses entrepôts, une société de vente par correspondance et près de 8 000 employés.
Pour certains historiens, La Samaritaine était bien plus qu’un magasin… Le couple n’ayant jamais eu d’enfants, certains aiment raconter que La Samaritaine est devenue leur enfant : un projet qu’ils ont fait grandir jour après jour, tout au long de leur vie.
Marie-Louise Jaÿ, une main de fer dans un gant de velours
Marie-Louise Jaÿ n’avait pas la réputation d’être une patronne facile. Elle croyait dur comme fer au travail, à la discipline et à l’effort !
Dans un hommage qui lui est rendu après sa mort, on peut lire cette phrase révélatrice :
« Elle ne concevait pas la vie sans le travail. »
Rapport moral de la Fondation en 1926
Pour autant, elle était loin d’être un cœur de pierre. Bien au contraire !
Soucieuse du sort de ses employés, elle met en place des mesures sociales innovantes. Les salariés de La Samaritaine bénéficient notamment d’un système de partage des bénéfices particulièrement novateur pour l’époque. Le couple souhaite que la réussite de l’entreprise profite aussi à celles et ceux qui la font vivre au quotidien.
Deux ans plus tard, ils créent la Fondation Cognac-Jaÿ. Grâce à cette fondation, de nombreuses actions sociales voient le jour : maternité, maison de retraite, orphelinat, colonies de vacances pour les enfants ou encore aides médicales. Et malgré son succès parisien, Marie-Louise n’oubliera jamais la Haute-Savoie. Une partie de sa fortune servira à soutenir Samoëns et à enrichir son patrimoine.
Aujourd’hui encore, son nom reste associé à la Jaÿsinia, le jardin botanique qui surplombe Samoëns, aménagé à l’endroit même où elle gardait ses chèvres lorsqu’elle était enfant. Le plus bel hommage pour celle qui avait quitté ses montagnes sans jamais vraiment les abandonner, avant d’atteindre d’autres sommets !
Podcast « Entre deux échos » – Episode 1 – Marie-Louise Jaÿ


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