
Ce mercredi 28 janvier 2026, de 18h30 à 20h30, Pauline et Maria vous donnent rendez-vous pour des contes en gallo à l’Accueil breton à Guichen. Le gallo se transmet de bouche à oreille, et à travers les contes, on découvre toujours un peu d’histoire. L’histoire d’une langue régionale en perte de vitesse, mais qui résiste grâce aux associations locales qui la font circuler à travers ces événements. Alors, quelle est l’actualité du gallo ?
Jargon, patois ou idiomes dégénérés ?
Les langues régionales ont attiré les foudres de l’État et en conservent des séquelles. Le gallo est bien la langue régionale de la Haute-Bretagne. Parmi les départements concernés, on retrouve l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, ainsi que l’est du Morbihan et des Côtes-d’Armor. Le gallo fut la langue principale jusqu’en 1950 ! Comme pour toutes les langues régionales en France, celles-ci ont été interdites à l’école pour universaliser le français après la Révolution française. L’objectif était de permettre aux citoyen.nes de pouvoir comprendre les nouvelles lois, autrement dit, de les rendre pleinement participants à la démocratie. Cette politique a pris une tournure répressive et a exclu un grand nombre de citoyen.nes sur son passage. Depuis 2009, le gallo est classé par l’UNESCO comme « langue sérieusement en danger ».
Autres temps, autres mœurs
Faire mourir une langue régionale, c’est faire mourir une mémoire collective : ses traditions, ses souvenirs et sa culture. En 1970, l’État fait un pas en arrière et reconnaît l’importance de la langue à l’école. Les aînés nous quittent, et pour préserver cette langue, il faut la transmettre aux jeunes générations. Aujourd’hui, la tendance s’inverse : d’après une étude sur l’utilisation du breton et du gallo réalisée en 2024, les personnes parlant le gallo rajeunissent. On peut même prendre le gallo en option, comme on prenait autrefois le latin ou le grec. C’est d’ailleurs le cas au lycée de Bain-de-Bretagne. Malgré ces évolutions, la pratique et la transmission familiale restent très présentes : parmi les 132 000 locuteurs du gallo en 2024, 68% l’ont appris au sein de leur famille et 17% à l’école. En 2004, le Conseil régional a reconnu le gallo comme langue de Bretagne, aux côtés du breton et a créer l’Institut du Gallo : un tournant important dans la reconnaissance et la préservation de la langue.
Continuer à faire vivre le gallo dans la vie quotidienne
De nombreuses initiatives citoyennes continuent de faire vivre le gallo : le festival Mil Goul, Radio Plum, ou encore les compagnies comme Pouchée d’beluettes, La Houle ès avettes et bien d’autres encore. Ces différentes initiatives permettent de transmettre le gallo et de susciter l’envie d’apprendre cette langue à travers la vie sociale et culturelle.
Alors écouter un conte en gallo est sans doute l’une des meilleures façons de soutenir la culture populaire.

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